Faut-il boycotter une destination pour des raisons politiques
Accueil > Tourisme > Faut-il boycotter une destination pour des raisons politiques ?

Faut-il boycotter une destination pour des raisons politiques ?

Les voyageurs sont de plus en plus à la recherche de sens, de valeurs et d’engagement dans leurs actions du quotidien et c’est aussi valable pour le voyage.

L’éthique occupe désormais une place importante dans le choix de la destination, et c’est une bonne chose ! S’il pourrait instinctivement paraître incongru de choisir une destination soutenue par un régime répressif, voir dictatorial, la réponse n’est pas forcément si simple.

Les limites du boycott politique d’un pays

En voyageant dans un pays dont on désapprouve la politique, cautionne t-on ses actes ? Aidons nous indirectement à maintenir un régime en place en laissant le pays se refermer sur lui-même ?

Cuba et son régime oppressif est une destination prisée par les touristes du monde entier

Nikolay Loubet

A quel moment s’agit-il de boycotter une destination ?

Autant de questions que l’on peut légitimement se poser. Les droits de l’homme, l’égalité hommes-femmes, la liberté de la presse, la préservation de l’environnement sont autant d’éléments pour lesquels on pourrait décider de boycotter un pays.

Mais si l’on veut aller jusqu’au bout de cette logique, il n’y aurait plus beaucoup de lieux pour voyager.

Visiter la Chine malgré un système répressif

La Chine n’est pas du tout un pays dangereux. Les touristes n’ont plus l’obligation d’être chaperonnés par un guide. Toutefois, rappelez-vous que vous visitiez un pays au régime autoritaire. © Redd Angelo

De nombreux pays qui défrayent la chronique du fait de leur politique ne se résument pourtant pas aux décisions de leurs dirigeants.

Prenons l’exemple de Cuba, boycotté par les États Unis et qui reste pourtant une destination paradisiaque pour les européens. Quant à la Chine, elle offre aussi de belles possibilités de voyage.

Les Emirats Arabes Unis sont une destination ou l'on peut voyager sans risques

Malgré l’expansion de l’islam radical, les Emirats Arabes Unis sont une destination sans risque pour les touristes. ©Roman Logov

Une autre raison qui pourrait motiver un boycott est la question de la sécurité. Dans ce domaine, il y a parfois des amalgames. On confond trop souvent pays critiqué pour leur politique et sécurité. C’est le cas par exemple des Émirats Arabes où l’on peut voyager sans risques.

Il est important de distinguer les pays où la politique peut mettre en danger les voyageurs ou la population et ceux qui font simplement polémique.

La Corée du nord, une dictature fermée au tourisme

Voyager en Corée du Nord implique de se plier aux règles du gouvernement, sans aucune indépendance : vous serez en permanence accompagné par deux guides officiels et vous n’entendrez qu’une version de l’Histoire. ©Eric Chiang

Les pays les plus répressifs et autoritaires, quand ils ne sont pas totalement fermés au tourisme, peuvent surveiller de très près vos mouvements, voir les contraindre, ou bien ne vous autoriser à ne voir qu’un facette « idéalisée » du pays.

Voyager, rencontrer, plutôt que boycotter !

L’altérité, les échanges interculturels, dans le respect de chacun, peuvent être de formidables outils d’émancipation. En effet, pour contester un régime, il faut pouvoir exercer son esprit critique.
Celui-ci passe notamment par la comparaison avec d’autres systèmes.

La charia et la peine de mort sont en vigueur aux Maldives

Malgré l’état d’urgence, la situation est calme et normale aux Maldives. Il n’y a aucune restriction pour les touristes qui voudraient venir aux Maldives. © Zou

L’idée n’est pas d’arriver en porteur de bonne parole, persuadé que notre système est meilleur, mais simplement donner d’autres exemples.

C’est aussi pour le voyageur, un excellent moyen de se questionner sur ses propres références culturelles et politiques, de les mettre à distance et de les relativiser. Les témoignages de personnes se disant transformées par des voyages dans des pays où les libertés sont contraintes, où la protection sociale est inexistante sont légion.

En boycottant un pays, on boycotte ses habitants, ici au Kenya

Au Kenya, les conditions de sécurité permettent les visites touristiques dans les principaux parcs naturels (Masai Mara, Tsavo, Amboseli, etc..), généralement considérés comme sûrs, et les zones balnéaires du sud du pays.

En boycottant un pays, on boycotte ses habitants, alors qu’ils ne sont que très rarement responsables des décisions et des actes commis par leur dirigeants, ils en sont mêmes les premières victimes.

Le kenya par zones à risques

Oppressées, isolées, réprimées, ces populations ne demandent souvent qu’à pouvoir s’ouvrir vers l’extérieur. Dans de simples échanges, des habitants peuvent retrouver un peu de leur identité par le miroir qu’offre l’échange avec un étranger.

Ceci est d’autant plus possible, si on voyage au plus près de la population en privilégiant le logement chez l’habitant et les commerces locaux.

Privilégier le logement chez l'habitant et els commerces locaux au MarocIl conviendra d’être vigilant à propos des activités « culturelles » autour des minorités ethniques.

Dans certains pays, ce sont les mêmes systèmes politiques qui utilisent les minorités (opprimées dans leur pays) pour en tirer des revenus confortables. Attention donc aux « zoos humains » !

Aux Philippines, le régime en vigueur n'est pas à l'image de la population

Aux Philippines, le régime en vigueur n’est pas à l’image de la population chaleureuse et accueillante qui cherche à faire passer un agréable séjour aux visiteurs du monde.

Sans être journaliste, le voyageur va inévitablement partager son expérience avec ses proches, ou sur les réseaux sociaux. Une manière simple de propager d’autres visions d’un pays.

Une population n’est pas forcément à l’image de ses dirigeants, surtout dans les systèmes non-démocratiques.

profiter-de-la-tunisie-loin-des-zones-de-tensions

Il est tout à fait possible de profiter de la Tunisie loin des zones de tensions

Sur la question du financement, même s’il est difficile de s’assurer à 100 % que son argent ne tombera pas dans les mauvaises poches, il est possible de faire en sorte qu’il profite au maximum à la population. Pour cela, il est important de voyager en choisissant des petits commerces, hôtels et restaurants locaux. On peut également faire appel à des opérateurs prenant réellement en compte ces critères.

privilegier-les-commerces-locaux-dans-les-pays-aux-regimes-oppressifs

Il est important de privilégier les commerces locaux dans les pays aux régimes oppressifs

Avant de décider ou non de boycotter une destination, il est donc important de se poser sérieusement la question et de faire son choix en connaissance de cause, sachant qu’il y a autant de cas particuliers que de régimes politiques.

Ainsi, en voyageant de manière responsable et sans a priori, nous sommes persuadés qu’il est tout à fait possible de profiter pleinement de nombreuses destinations, qu’on soit en adéquation avec leur régime politique ou non.

 

Laura et Seb

À propos de l'auteur :

Après un voyage un peu plus long que les autres (un an en Amérique), nous nous sommes lancés dans l'écriture d'un blog sur leurs expéditions : Les Globe Blogueurs. On y retrouve l'aboutissement de nos passions : voyage, nature et culture populaire, le tout saupoudré d'un brin de fantaisie !  Voir l'auteur >

Partager

Imprimer Partager par mail Facebook Twitter Google +

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *